Story of Love in Solitude by Roger Lewinter

Story of Love in Solitude by Roger Lewinter

Author:Roger Lewinter
Language: eng
Format: azw3
Publisher: New Directions
Published: 2016-10-25T04:00:00+00:00


Passion

UN CAMÉLIA AUQUEL je m’identifiais — placé, dans le salon de mes parents, en face de mon bureau —, en novembre 1978, une semaine après la mort de ma mère, avait séché sur pied, perdant ses feuilles soudain — je l’avais offert, une dizaine d’années auparavant, pour l’anniversaire de mariage de mes parents, un 27 décembre —, cependant qu’un second camélia, acheté, pour la même circonstance, l’année suivante, et que ma mère, six mois plus tard, alors qu’il dépérissait — je disais qu’il faudrait le jeter bientôt —, sans avoir la main verte mais s’obstinant, avait su ramener à la vie, gagnait en force; dès lors, au scandale m’étant mépris, lanciné par l’impulsion d’acheter un camélia qui restaurât le premier, dans la mesure même où le second répondait — en décembre 1980, et tandis que ses boutons, jusque-là, tombaient, un coup de foudre m’exaltant, il avait donné deux fleurs longuement s’épanouissant; pour refleurir, régulièrement, quand je l’eus emporté chez moi, en novembre 1982, peu avant la mort de mon père —, me retenant : celui, toutefois, que je vis, le 1er février 1986, à huit heures du matin en allant aux Puces, dans la devanture de Fleuriot, me rivant sur place — il s’agissait d’un arbuste de plus d’un mètre de haut, non, simplement, d’une tige fleurie de la taille d’une azalée, comme les autres —, je résolus de laisser le sort trancher; car, cherchant quelque chose qui m’incitât à habiter l’appartement à côté du mien me servant, depuis huit ans, de débarras — la communication avait été percée en mai dernier, sans que j’eusse franchi le pas —, j’envisageais d’acheter un tapis chinois ancien dont les dimensions correspondaient à la pièce d’angle que je pensais aménager d’abord — la propriétaire du tapis voulait s’en défaire pour raisons de santé, et, quand on m’en avait parlé, en janvier, j’avais lancé que j’étais preneur à 1 000 F — le prix tournait autour de 5 000 F —, les transactions s’engageant de la sorte, par personne interposée, sans que j’eusse vu le tapis —, le jeudi suivant rendez-vous étant enfin fixé au dimanche matin, lorsque, samedi 15 dans l’après-midi, la propriétaire fit savoir que le tapis venait de trouver acquéreur; alors me décidant à franchir le pas.

Quand le camélia fut livré, lundi à onze heures, dans le désir de jouir de sa floraison, au lieu de l’installer dans la pièce d’angle pour laquelle je l’avais destiné — il faisait très froid, et l’appartement n’était pas chauffé —, je le mis dans la cuisine, contre le coin de l’armoire, à mi-chemin de biais entre la fenêtre et la table-établi sur laquelle était posé, à côté de l’évier, l’autre camélia, dont, par sa profusion, il accusait l’austérité, lui portant ombrage manifestement — le soleil venait les éclairer en début d’après-midi —, car, le lendemain soir, après que j’eus, selon mon habitude, fumé une dernière cigarette assis en tailleur sur l’accoudoir du canapé défoncé, vis-à-vis du petit camélia qu’ainsi je contemplais, avant d’aller me



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